Octobre, c’est le Cybermois : la déclinaison française du mois européen de la cybersécurité, coordonnée par Cybermalveillance.gouv.fr. Pour une PME, c’est l’occasion de faire en une semaine ce qui est repoussé depuis des mois. Voici cinq actions concrètes, qui demandent peu de temps et qui répondent aux menaces les plus fréquentes.
Pourquoi maintenant
Les chiffres publiés cette année sont nets. Selon le rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, le piratage de compte est devenu la première menace pour les entreprises et les associations, avec 21 % des demandes d’assistance, devant l’hameçonnage et la fraude au virement. Et selon le Panorama de la cybermenace 2025 de l’ANSSI, les TPE, PME et ETI représentent 48 % des victimes de rançongiciels traitées par l’agence en 2025.
Ces attaques ne visent pas une entreprise en particulier : elles cherchent les failles les plus simples. Les cinq actions ci-dessous ferment les plus courantes.
1. Activer la double authentification
Lundi : activez la double authentification sur la messagerie, sur Microsoft 365 et sur tous les accès à distance (VPN, bureau à distance, logiciels en ligne). Un mot de passe volé ou deviné ne suffit plus alors à entrer dans un compte. Commencez par les comptes de la direction et de la comptabilité, les plus visés.
2. Vérifier les sauvegardes, pour de vrai
Mardi : vérifiez qu’une copie de vos données existe hors de votre réseau (sauvegarde externalisée ou support déconnecté), puis restaurez un dossier pour vérifier que la sauvegarde fonctionne. Un rançongiciel chiffre aussi les sauvegardes branchées en permanence sur le réseau ; une sauvegarde jamais restaurée est une sauvegarde dont on ignore si elle fonctionne.
3. Appliquer les mises à jour en attente
Mercredi : faites le tour des mises à jour en attente sur les postes, les serveurs, les navigateurs, mais aussi sur les équipements qu’on oublie : box, pare-feu, NAS, VPN, imprimantes réseau. La plupart des attaques exploitent des failles connues, déjà corrigées par les éditeurs.
4. Écrire la règle anti-fraude au virement
Jeudi : écrivez une règle simple et partagez-la avec la comptabilité et la direction. Toute demande de virement urgent ou de changement de coordonnées bancaires d’un fournisseur se vérifie par un appel à un numéro déjà connu, jamais à celui qui figure dans le message. Cette seule règle déjoue la plupart des fraudes au faux fournisseur et au faux dirigeant.
5. Préparer la fiche réflexe
Vendredi : rédigez une fiche d’une page, affichée et connue de tous, pour la première heure d’un incident :
- débrancher du réseau le poste suspect, sans l’éteindre ;
- ne rien supprimer et ne pas payer de rançon ;
- prévenir le responsable désigné et appeler votre prestataire informatique ;
- changer, depuis un autre appareil, le mot de passe d’un compte piraté ;
- déposer plainte, et trouver de l’aide sur Cybermalveillance.gouv.fr.
Profitez-en pour une sensibilisation de quinze minutes en réunion d’équipe : montrer deux ou trois exemples d’e-mails piégés reçus dans l’entreprise vaut mieux qu’une longue formation.
Et ensuite ?
Ces cinq actions couvrent l’essentiel, mais elles ne tiennent que si quelqu’un les suit dans la durée : mises à jour, alertes de l’antivirus, sauvegardes qui échouent, nouveaux salariés à sensibiliser. Pour savoir où en est votre entreprise, faites notre test de cybersécurité gratuit : dix questions, un score sur 10 et vos priorités, en deux minutes.
Pour les entreprises concernées, ou bientôt sollicitées par leurs clients, notre article sur NIS2 et les PME fait le point sur la loi en cours d’examen.
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